•  Confiance

    Maria Montessori a développé l’idée, il y a maintenant plus de 100 ans, que chaque enfant est doté de l’horme, une force intrinsèque qui guide son développement naturel. Aujourd’hui, ces principes sont démontrés par les nouvelles connaissances en neurosciences ! Celles-ci prouvent que le cerveau humain est prédisposé à se développer harmonieusement sur le plan cognitif, sociale et affectif pour peu qu’il grandisse dans un milieu respectant sa dignité et son autonomie.

    Nous croyons que chaque enfant possède en lui un potentiel inné qui ne demande qu’à s’épanouir.

    Notre rôle est alors de proposer un accompagnement propice à ce développement naturel : un environnement confiant, sécurisé et riche lui permettant de se mettre en action et de laisser émerger ce qui ne demande qu’à grandir en lui.

    Nous pensons qu’il est fondamental que le moteur d’activité de l’enfant soit endogène, que seuls les activités réellement choisies par l’enfant permettent un apprentissage efficace, joyeux et à long terme. Le rôle de chacun des membres de l’équipe pédagogique est d’accompagner chaque enfant dans ses élans spontanés ou de l’aider à s’y reconnecter. Ainsi, nous laissons, le plus possible, la liberté aux enfants de choisir leurs activités en les aidant à développer et gérer leur autonomie.

     

    Autonomie

    A quoi bon avoir des connaissances élevées en langage et mathématiques, si l’on manque de compétences relationnelles, sociales, si l’on est dépendant de l’autre et peu habitué à réfléchir ?

    Nous avons la certitude que si l’enfant se sent heureux et accueilli comme il est,  s’il sait s’exprimer, gérer ses émotions, travailler en groupe,  se confronter à un problème et le résoudre seul ou à plusieurs, et si en plus, on lui a laissé l’occasion de mettre en œuvre ses projets : créer, essayer, se tromper, remédier, réessayer, abandonner ou persévérer,  alors non seulement, il pourra facilement accéder aux compétences et connaissances de base du socle commun mais en plus, il sera prêt à devenir un adulte créatif et indépendant.

    Notre souhait est de guider chaque enfant vers son autonomie, créatrice mais aussi affective et sociale. Notre organisation hebdomadaire nous permet de proposer aux enfants des activités leur permettant de développer toutes ces compétences, les unes aux services des autres, y compris les compétences scolaires.

    Le rôle de l’équipe pédagogique est donc à la fois de créer les conditions environnementales permettant aux enfants d’exercer leur autonomie, leur volonté ; par l’environnement préparé de Maria Montessori et de proposer un accompagnement sécurisant mais non-invasif en adoptant une posture de guide bienveillant et rassurant vers l’apprentissage.

     

    Ecologie

    Comment accompagner aujourd’hui les enfants de demain sans se sentir investi de valeurs écologiques ?

    Il nous semble important de sensibiliser les enfants et leurs familles aux enjeux environnementaux actuels par les choix que nous faisons, à l’école, dans tous les domaines possibles : alimentation, énergie, gestions de déchets, choix des matériaux et des produits …

    L’écologie, sans être un axe fondateur de notre accompagnement de l’enfant, est omniprésent pour orienter nos choix pédagogiques.

    Par ailleurs l’écologie, c’est aussi, pour nous, la volonté de partager aux enfants, notre croyance que nous sommes tous responsables et acteurs de la santé de la planète par nos actes.

    L’éducation cosmique, proposée aux enfants dès 6 ans, va dans ce sens.

    L’école est labellisée éco-école depuis 2014.

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  • Du temps libre ? Vous voulez dire qu’ils ne font rien alors ? Ils jouent ? Ils n’apprennent rien ? Ils s’ennuient ?!

     

    Non, du Temps Libre, c’est du temps pour construire, pour créer, pour être en face de soi et des autres, pour imaginer et projeter, pour essayer, rater, recommencer ou abandonner, pour rigoler, échanger, ne pas être d’accord, discuter et se réconcilier, se séparer puis se retrouver. Bref, c’est du temps libre mais pas du temps vide !

     

    Et concrètement, ça se passe comment ?

    Eh bien, en ce mois de juin, M. et ses copains aiment beaucoup se maquiller.
    Z et sa bande de bricoleurs passent leur temps dans l’atelier de bricolage et ont construit un engin roulant qu’ils font ensuite essayer à tout le monde.
    Y, E et G ont construit et déconstruit et reconstruit des tunnels dans le sable en allant jusqu’au fond !
    M et ses copines ont appris à faire du roller dans les virages en alignant les rollers et ça fonce ! Reste plus qu’à apprendre à s’arrêter vite pour jouer au loup-piéton ! C’est sans doute le prochain apprentissage (autonome). Les footballeurs et les « roulants » se sont mis d’accord sur une nouvelle délimitation de l’espace pour que nous puissions profiter de l’ombre des arbres pour installer des tables pour ceux qui voulaient faire des dessins de la cour.
    H. fait un élevage d’escargot, même qu’elle a trouvé par où ils font caca et maintenant tout le monde le sait !
    Il me semble aussi avoir aperçu T et 2 ou 3 copains qui font des séquences vidéo pour un montage…
    Et qui sait aussi tout ce que j’ai raté pendant que je m’occupais de semer les plants de tomates et de poireaux avec J et M….

     

    Non, décidément, le temps libre n’est pas vide et ce n’est pas non plus, du temps perdu…

     

    Charlène D.

    Du temps libre?

     

     

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  • "Création d’un trampoline “ ou « le ressort n°1 »

    Prenez une caisse pleine de ressorts. Prenez un/des enfant/s.

    Une fille voit la caisse. Je l’observe. Je la vois qui s’immobilise. Elle réfléchit.

    Eureka! Elle veut créer un trampoline! Elle me demande la permission. Je lui dis oui bien sûr.

    Elle dispose une bonne dizaine de gros ressorts sur le sol. Prend du recul. Des enfants curieux s’approchent, lui posent des questions. Elle présente brièvement son idée, et les autres enfants ne semblent pas comprendre, ils posent davantage de questions. Elle n’a pas envie de leur répondre, visiblement ils la dérangent dans son travail de réflexion. Un conflit débute, le dialogue est sous forme de ping-pong, ils ne s’écoutent pas. J'interviens, je fais tourner la parole, les incitant à se taire pour entendre. La fille-inventeur prend conscience de son besoin de place et parvient à l’exprimer, en s'énervant, puis de manière plus posée. Elle parvient à imaginer des solutions et exprime des propositions. Un accord est trouvé: un partage de la pièce est défini.

    Elle se remet à son travail. Elle repositionne les ressorts, qui durant les échanges sont tombés et ont roulé aux quatre coins de la pièce. Elle les place en cercle, pas parfait mais tout de même bien régulier et circulaire. Les ressorts sont eux aussi séparés d’une distance régulière.  Elle réfléchit à comment faire pour la suite. Elle vient à ma rencontre et exprime son besoin (recouvrir la surface d’un tissu ou autre). Je lui rappelle l'existence de la caisse à tissus. Sans plus se soucier de moi, tout absorbée dans son processus de création, elle part à la recherche de son tissu. Elle regarde, observe, analyse les morceaux. Fait son choix. Remet les tissus dans la caisse. Je lui souffle “La caisse à sa place dans l’étagère”. Elle met la caisse dans l’étagère et repart à son ouvrage. Elle essaie à plusieurs reprises (je dirai même à de nombreuses reprises). Entre temps plusieurs enfants buttent par inadvertance les ressorts. Elle les repositionne en leur disant de faire attention.  Le tissu est de forme rectangulaire. Le trampoline est circulaire. Elle réfléchit à ajuster les ressorts au tissu. Le trampoline devient rectangulaire. Après auto-évaluation elle retire le tissu, relève les ressorts tombés, les change de place, remet le tissu, etc. Une fois satisfaite de son positionnement, elle partage cette nouvelle à ces camarades, qui viennent voir.

    Les enfants sautent dans le centre du trampoline avec joie et enthousiasme.

    Observation, prise en compte de l’environnement, curiosité

    Réflexion, création, inventivité

    Construction d’une idée à partir d’un/plusieurs élément/s

    Conceptualisation, vision dans l’espace, orientation

    Formuler une demande claire

    Échanger, exprimer un besoin,  réfléchir à des solutions, négocier, trouver un compromis

    Éprouver sa volonté, son endurance, sa persévérance

    Capacité de se concentrer, d’être absorbé dans un travail

    Faire des choix techniques

     

    Exercer son sens de l’observation et de l’analyse, faire des liens, faire des essais

    Tirer profit des erreurs, apprendre des essais

    Éprouver la géométrie: le rectangle, le cercle, les distances, les surfaces

    S’auto-évaluer

    Apprécier le résultat

    Informer, inviter, partager

    Vivre des émotions positives, la joie, la réussite.

    Avoir besoin de peu pour se contenter. Simplicité, imagination collective.

     

    Marcelline CLAIN , le 11/09/2016

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  • La mort du ver de terre”

    Une enfant trouve un ver de terre sur le carrelage. Elle l’observe. Il est dans le passage. Je ne dis rien. Je l’observe. Elle en parle à une camarade qui passe par là. Elles se penchent et l’observent à 2. Elles échangent: comment a t-il pu arriver ici ? Elle sollicite mon avis. Je n’en ai pas la moindre idée !

    Un autre enfant passe par là, occupé à quelque chose de visiblement important. Il manque de bousculer les 2 filles (dans le passage) et râle. Les filles râlent également. S'ensuit un échange plus ou moins harmonieux à 3. Résulte de cet échange la construction d’un “enclos” pour protéger l’animal. L’enclos est constitué de baguettes de bois style kapla, de barrières miniatures de chantier. Pour parfaire le tout, les filles dessinent un panneau de signalisation, viennent me demander d’écrire Attention! Je leur demande si elles savent écrire. Elles me répondent oui, un peu, avec une motivation proche de zéro. Nous négocions sur l’aide que je peux leur apporter. Je refuse de l’écrire à leur place sur leur panneau. Elles refusent d’essayer de l’écrire seules et que je leur épelle le mot. Nous tombons d’accord pour la solution suivante: je l’écris sur un papier brouillon, elles le recopient sur leur panneau. Le panneau effectué, elles le déposent sur l’ouvrage.

    Entre temps d’autres enfants ont apprécié le ver et la construction. Ils sont maintenant 4 ou 5. A parler, échanger, donner des avis. Le tout dans la bonne humeur. Des petits et des grands.

    Les enfants décident de partir dehors.

    Quand ils reviennent ils retrouvent le ver de terre mort, écrasé. Colère, recherche du coupable. Échange d’idées, argumentation. Puis la colère laisse place à la tristesse. Et que se passe t-il quand il y a un mort? Il y a célébration. La leader lance l’idée, et c’est parti. Cette fois le groupe est plus gros : 4 ou 5 enfants sont concernés et travaillent ensemble pour organiser la “sépulture”. Un emplacement est trouvé: dans la terre. Le matériel et la décoration sont réunis. Les enfants se dirigent avec le ver mort sur le lieu. L’atmosphère est lourde. Le ver est enterré. Fin de l’histoire. Les enfants passent à une autre activité absorbante.

    →observation

    →réflexion, capacité de se questionner, demander l’avis à d’autres personnes, analyser les réponses, se faire son propre point de vue, forger son esprit

    →être créatif, adapter son idée à la réalité matérielle, faire avec ce qu’on a

    →négocier, s’exercer à trouver un compromis,

    →être à l’écoute de l’autre et parallèlement être à l’écoute de soi

    →exercer sa patience

    →imitation, symbolisation

    →exercer ses capacités au leadership

    →vivre des émotions, les exprimer, les traverser. Éviter la cristallisation de l’émotion ou du problème.

    →fédérer un groupe

    Marcelline Clain, septembre 2016 

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  • « L’inventeur au travail » ou « le ressort n°2»

    Un enfant vient me voir pour m'aider à bricoler. Je ne suis pas disponible. Je lui montre le matériel à sa disposition (matériel à utiliser en autonomie: objets de récup’, scotch, ciseaux, ficelle, colle, papier, cartons, laine, papier crépon, papier journal, fils de fer et tenaille - après explication). Son idée de départ est ambitieuse, faire une sorte de voiture. Pour la réaliser il vient me demander de faire à sa place: couper une planche, trouver un système d’attache… Je ne suis toujours pas disponible et le lui redis. Il revient plusieurs fois me voir pour que je fasse à sa place. Je lui explique qu’il serait peut-être préférable qu’il utilise des moyens adaptés à ses capacités. Hormis couper 4 fils de fer que je coupe (après avoir essayé, il s’avère que le fils de fer est vraiment costaud) je n’ai rien fait. Il a créé une sorte de charrette, des gros ressorts font office de roues, un abat jour retourné sert de plateau à la charrette, les fils de fer maintiennent les ressorts à égale distance, le tout est rattaché à lui même par des ficelles pour qu’il tire son engin. Les tests sont positifs. La machine est opérationnelle. Et même tirée à grande vitesse, le plateau, que rien ne maintient, reste en place, balançant de droite à gauche. Trois enfants viennent se joindre à lui.

    La création personnelle (1h environ) laisse place à l’organisation collective. Ils passent une heure trente environ à créer un monde ensemble.

    →estime de soi, confiance en soi

    →considération et reconnaissance par les pairs

    →concentration,  

    →créativité, inventivité

    →dépasser les obstacles: ténacité, volonté, endurance

    →faire avec ce qu’on a (adaptation)

    →plaisir

    →être acteur de son désir

    →appropriation et utilisation de son temps

     

    Marcelline Clain, sept 2016

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