• La mort du ver de terre”

    Une enfant trouve un ver de terre sur le carrelage. Elle l’observe. Il est dans le passage. Je ne dis rien. Je l’observe. Elle en parle à une camarade qui passe par là. Elles se penchent et l’observent à 2. Elles échangent: comment a t-il pu arriver ici ? Elle sollicite mon avis. Je n’en ai pas la moindre idée !

    Un autre enfant passe par là, occupé à quelque chose de visiblement important. Il manque de bousculer les 2 filles (dans le passage) et râle. Les filles râlent également. S'ensuit un échange plus ou moins harmonieux à 3. Résulte de cet échange la construction d’un “enclos” pour protéger l’animal. L’enclos est constitué de baguettes de bois style kapla, de barrières miniatures de chantier. Pour parfaire le tout, les filles dessinent un panneau de signalisation, viennent me demander d’écrire Attention! Je leur demande si elles savent écrire. Elles me répondent oui, un peu, avec une motivation proche de zéro. Nous négocions sur l’aide que je peux leur apporter. Je refuse de l’écrire à leur place sur leur panneau. Elles refusent d’essayer de l’écrire seules et que je leur épelle le mot. Nous tombons d’accord pour la solution suivante: je l’écris sur un papier brouillon, elles le recopient sur leur panneau. Le panneau effectué, elles le déposent sur l’ouvrage.

    Entre temps d’autres enfants ont apprécié le ver et la construction. Ils sont maintenant 4 ou 5. A parler, échanger, donner des avis. Le tout dans la bonne humeur. Des petits et des grands.

    Les enfants décident de partir dehors.

    Quand ils reviennent ils retrouvent le ver de terre mort, écrasé. Colère, recherche du coupable. Échange d’idées, argumentation. Puis la colère laisse place à la tristesse. Et que se passe t-il quand il y a un mort? Il y a célébration. La leader lance l’idée, et c’est parti. Cette fois le groupe est plus gros : 4 ou 5 enfants sont concernés et travaillent ensemble pour organiser la “sépulture”. Un emplacement est trouvé: dans la terre. Le matériel et la décoration sont réunis. Les enfants se dirigent avec le ver mort sur le lieu. L’atmosphère est lourde. Le ver est enterré. Fin de l’histoire. Les enfants passent à une autre activité absorbante.

    →observation

    →réflexion, capacité de se questionner, demander l’avis à d’autres personnes, analyser les réponses, se faire son propre point de vue, forger son esprit

    →être créatif, adapter son idée à la réalité matérielle, faire avec ce qu’on a

    →négocier, s’exercer à trouver un compromis,

    →être à l’écoute de l’autre et parallèlement être à l’écoute de soi

    →exercer sa patience

    →imitation, symbolisation

    →exercer ses capacités au leadership

    →vivre des émotions, les exprimer, les traverser. Éviter la cristallisation de l’émotion ou du problème.

    →fédérer un groupe

    Marcelline Clain, septembre 2016 

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  • « L’inventeur au travail » ou « le ressort n°2»

    Un enfant vient me voir pour m'aider à bricoler. Je ne suis pas disponible. Je lui montre le matériel à sa disposition (matériel à utiliser en autonomie: objets de récup’, scotch, ciseaux, ficelle, colle, papier, cartons, laine, papier crépon, papier journal, fils de fer et tenaille - après explication). Son idée de départ est ambitieuse, faire une sorte de voiture. Pour la réaliser il vient me demander de faire à sa place: couper une planche, trouver un système d’attache… Je ne suis toujours pas disponible et le lui redis. Il revient plusieurs fois me voir pour que je fasse à sa place. Je lui explique qu’il serait peut-être préférable qu’il utilise des moyens adaptés à ses capacités. Hormis couper 4 fils de fer que je coupe (après avoir essayé, il s’avère que le fils de fer est vraiment costaud) je n’ai rien fait. Il a créé une sorte de charrette, des gros ressorts font office de roues, un abat jour retourné sert de plateau à la charrette, les fils de fer maintiennent les ressorts à égale distance, le tout est rattaché à lui même par des ficelles pour qu’il tire son engin. Les tests sont positifs. La machine est opérationnelle. Et même tirée à grande vitesse, le plateau, que rien ne maintient, reste en place, balançant de droite à gauche. Trois enfants viennent se joindre à lui.

    La création personnelle (1h environ) laisse place à l’organisation collective. Ils passent une heure trente environ à créer un monde ensemble.

    →estime de soi, confiance en soi

    →considération et reconnaissance par les pairs

    →concentration,  

    →créativité, inventivité

    →dépasser les obstacles: ténacité, volonté, endurance

    →faire avec ce qu’on a (adaptation)

    →plaisir

    →être acteur de son désir

    →appropriation et utilisation de son temps

     

    Marcelline Clain, sept 2016

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  • La mare aux poissons”

    7 enfants créent une mare, ils s’organisent : 2 creusent au fond, 2 creusent les marches, 2 apportent de l’eau pour ameublir la terre, 1 fait de la boue dans un récipient pour le mettre au fond de la mare, chacun parle à son tour et rebondit sur l’idée de l’autre. Ils estiment le temps nécessaire à la réalisation de la mare (6 semaines, non ça fait trop court, 10 semaines.) Parlent d’engagement.

    Le soleil tape. Un enfant est au soleil. Il n’a pas de chapeau. Une camarade de chantier va lui chercher son chapeau et dit que la semaine prochaine elle en apportera 2.

    Le chantier dure l’après-midi. Quelques conflits naissent: 2 enfants veulent la même pelle.

    →concentration, attention, volonté, implication

    →prise en compte de l’autre: s’installer à un endroit du chantier

    →écoute

    →prendre soin de l’autre

    →coopérer

    →échanger, argumenter. Augmenter son vocabulaire. Exercer ses capacités de réflexion et d’expression. Exercer son regard critique.

    →exercer ses capacités à accueillir et à respecter l’avis différent de l’autre

    →vivre des émotions, s’exercer à les exprimer, recevoir la réaction de l’autre/des autres

    →plaisir d’être ensemble

     

    Marcelline Clain, sept 2016

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  • ATELIERS ENCADRÉS

    (éducateurs, stagiaires, bénévoles, parents)

    ATELIERS EN  “AUTONOMIE”

    ( proposés, organisés et animés par les enfants)

    Arts Plastiques

    Petits Reporter (création journal)

    Sortie au Parc

    Jeux de cour, jeux collectifs

    Musique, chant

    Jeux de société

    Jeux de société

    Cuisine

    Sport collectif: Basket, foot, hand.

    Anniversaire

    Initiation au karaté

    Origami

    Expériences scientifiques

    Arts Plastiques

    Electricité

    Musique

    Programmation

    Chasse au trésor

    Jardinage / Permaculture

    Bricolage

    Diffusion de documentaires

    Création de dessin-animés

    Cuisine

    Poésie

    Jeux de cour, jeux collectifs

    Création d’affiches sur le thème de la protection de la nature

    Visites de musée

    Roller, trottinette

    Arts du cirque

    Création d’objets en bois, création d’objets roulants

    Initiation au roller, à la trottinette

    Dessins, peintures

    Anglais

     Couture

    Théâtre, Danse

     Sculptures en récupération

    Atelier philo

    Écriture d'histoire

    Massages, relaxation, yoga

     Lecture individuelle ou collective

    Couture

     

     

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  • Médiations , plaintes et conseils de résolution



    Les médiations et les conseils de résolution sont les 2 “instances” que les enfants utilisent quotidiennement lorsqu’il y a des conflits, des difficultés relationnelles, des mécontentements, etc. Les objectifs sont de faciliter la résolution d’un conflit, de faciliter la communication entre les membres de notre communauté scolaire, de réparer les relations, de faire des mises au point.

     

    Les médiations

     

    Les médiations sont demandées et réalisées sur le moment:  L’enfant vit un conflit et va trouver un éducateur disponible.

    S’il y a un éducateur disponible, il pourra y avoir lieu une médiation.

    L’éducateur a un rôle de médiateur. Souvent l’aide d’un baton de parole, mais pas obligatoirement, le médiateur distribue la parole dans l’ordre chronologique des enfants qui demandent la parole.

     

    Quand il n’y aucun éducateur disponible, il  y a plusieurs solutions :

    -l’enfant peut tenter une médiation en autonomie, sans médiateur.

    -l’enfant peut trouver un autre enfant hors du conflit en qui il a confiance pour faire le médiateur.

    -l’enfant peut attendre qu’un éducateur soit disponible.

    -l’enfant peut porter plainte : il écrit ses difficultés sur une feuille de plainte disponible sous le préau. Ensuite il glisse la plainte dans la boite aux plaintes. Généralement, elle sera traitée le lendemain.

     

    Spécificités des médiations:

    - le conflit est tout chaud, voir à vif. Les émotions sont là, bien vivantes et pas facile à maitriser pour laisser la place au dialogue et à l’écoute.

    - comme il n’y a pas/peu d’écoute de l’autre, le dialogue est en mode "ping-pong" , c’est la bataille à celui qui aura tort et celui qui aura raison.

    - le médiateur laisse s’exprimer les 2 « volcans » puis faire "descendre la pression", ouvrir un espace d’écoute et de construction de solutions. Les échanges deviennent alors plus profonds, les enfants sont invités à exprimer leurs émotions et leurs besoins.

     

    Les conseils de résolution

     

    Les conseils de résolution ont lieu pour traiter les plaintes.

     

    A tout moment et pour la raison qu’ils souhaitent, les enfants peuvent porter plainte.

    Le conflit est noté sur une feuille de plainte et glisser dans la boite au plaintes.

    Chaque jour Marcelline et Gautier relèvent les plaintes.

    Les enfants concernés par une plainte se réunissent. A l’aide d’un bâton de parole, le médiateur fait tourner la parole. Comme lors des médiations les enfants lèvent la main et le médiateur, le plus souvent, note les enfants qui veulent prendre la parole. Les enfants parlent dans l’ordre chronologique.

    Le médiateur reformule pour que aider à la compréhension des propos et apporte du vocabulaire pour aider les enfants à trouver des mots plus précis à ce qu’ils ressentent. On parle des émotions vécues.

    Chaque enfant a le droit d’avoir sa « vérité ».

     

    Le médiateur repause le cadre, re-explique les règles quand c’est nécessaire.

     

    Une fois que chacun a bien pu s’exprimer, les enfants cherchent des solutions.

    Les solutions trouvées et les engagements pris par l’une et l’autre des parties sont notés sur la feuille de plainte. Pour finir les enfants signent la feuille pour exprimer leur adésion aux solutions prises et s’engagent.

     

    Les plaintes sont archivées.

     

    Les conseils de résolution ont lieu tous les jours de 13h à 14h30 environ.

     

    Parfois les conseils ont lieu dehors, à la grand table notamment, ou dans d’autres lieux extérieurs.

    Parfois les conseils ont lieu dans la salle à la porte orange.

     

    Le plaignant s’il le souhaite peut demander un/des juré/s.

    Quand le conflit est très compliqué, que les responsabilités sont difficiles à établir, quand les solutions ne conviennent à personne, le médiateur peut également demander des jurés. Les jurés aident, proposent de nouvelles solutions, donnent leur point de vue.

    Leur présence facilite les accords entre plaignant et prévenu.

     

    Dans de rares situations, plaignant et prévenu ne parviennent toujours pas à trouver un accord.

    Chaque juré se forge son avis. Les jurés se rassemblent et délibèrent ensemble. Ils reviennent pour exprimer la solution trouvée au vue de ce qui ont entendu et senti.

    L’éducateur rappelle le cadre, les règles et valide la solution proposée.

     

    Précisions

     

    Les feuilles de plaintes peuvent être ramenées à la maison et les enfants peuvent les remplir à l’aide des parents. Cela peut faciliter la mise en action, la mise en mot écrit.

     

    Elles sont traitées par Gautier, Marcelline et les stagiaires. Benjamin en fait quelques unes également. Il fait notamment toutes les plaintes des enfants qui sont là le matin mais pas l’après-midi.

    Généralement, une plainte déposée le lundi est traitée le mardi. Mais parfois, s’il y a beaucoup de plaintes ou pour toute autre raison organisationnelle, cela peut prendre plus de temps.

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